4 nov. 2008

Facteur de solidarité


"Avec le courrier, on peut connaître la vie des gens. Je peux vous dire
que dans la cité, la moitié des habitants est au chômage
et plus de 30% vivent du RMI"


Au Neuhof, tout le monde connaît Henri, le facteur. Il distribue le courrier dans le quartier depuis 28 ans. “J’ai connu toutes les évolutions du secteur, les trois réhabilitations. J’ai vu naître la plupart des gamins de la cité” se souvient-il. A chaque immeuble, à chaque maison, Henri raconte une anecdote ou détaille ses espoirs pour l’avenir du quartier.
Lui qui arpente chaque jour les rues des allées Reuss au Stockfeld, compte bien changer le Neuhof. Et agit dans ce sens. Il vient de déposer sa candidature pour faire partie du conseil de quartier. “Depuis le temps que je travaille ici, que je parle aux gens, je connais leurs problèmes”, assure le facteur. Au premier rang des difficultés, assure Henri, le délabrement des bâtiments. “Il faut aussi que les habitants s’impliquent plus dans la vie de leur quartier”, estime le facteur militant.


"A Clainchard-Jean Moulin, les bâtiments sont
beaucoup moins dégradés que dans la cité...
et les boîtes aux lettres aussi!"

Au cours de sa tournée, impossible de compter les fois où il s’arrête pour parler aux habitants. Hassan Najib, gardien d’immeuble dans la rue Marschaloff, souligne: “Henri fait partie de ces gens qui ont un mot pour chacun, de ces gens qui ne laissent pas seules les personnes âgées”. Et ajoute: “Souvent, quand les habitants ne savent pas lire, il leur lit le courrier”. “Ca m’est déjà arrivé d’aider des clients à remplir leurs feuilles d’Assedic”, ajoute Henri. “Si vous êtes sympas avec les habitants, ils vous le rendent bien”, certifie-t-il. Des soucis avec des jeunes du quartier? Il admet en avoir, mais fait tout pour les régler sans vagues. “Comme je veux éviter de porter plainte, j’en parle aux animateurs qui travaillent avec les jeunes."
Au centre-socio-culturel (CSC) de la Klebsau, Henri est comme chez lui. Il est membre du conseil d’administration de la structure. Comme tous les mardis et jeudis, “Henri le facteur” passe par la salle polyvalente du CSC. Il vient saluer les personnes âgées réunies pour leur repas (voir notre diapo-son). “La moitié des gens qui viennent manger ici sont mes clients”, souligne Henri. Tous apprécient la disponibilité de l’agent. Mais ne se privent pas de le taquiner: “Quand Henri est en vacances, le remplaçant porte le courrier beaucoup plus tôt! Avec Henri, il faut parfois attendre trois heures de l’après-midi, comme il s’arrête à tous les coins de rue...”



"Ici, au Stockfeld, ça se voit que les gens sont plus riches:

je distribue davantage de courrier, de revues, de journaux."








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