31 oct. 2008

Premier bilan du Maxi Coop: mitigé

Le 11 mars 2008, un Maxi Coop a ouvert au Neuhof, au carrefour Reuss

En mars 2008, un Maxi Coop de 1800 m2 a ouvert à côté du nouvel arrêt de tram Rodolphe Reuss au Neuhof. Neuf mois après, le plus grand supermarché du quartier suscite des sentiments mitigés parmi les habitants.
“Moi j’apprécie ce magasin. Ils ont de bonnes marques de vêtements et de jouets. Je viens pratiquement tous les jours”, raconte Nino, une femme qui habite à quelques centaines de mètres. D’autres clients apprécient la luminosité et la propreté du magasin, comme Nicolas qui fait ses courses au Neuhof, même s’il habite à Neudorf.
En revanche, certains protestent du niveau des prix. Corinne, mère de trois enfants, préfère aller dans les discounts. “J’incite mes enfants à apprendre à gérer leur budget. Par contre, quand ils vont faire leur courses seuls, je les envoie ici et pas au Norma, à cause des groupes de jeunes drogués qui glandent devant la porte.”

Thafid et Hassan Zinah de la boucherie halal Tazi ne craignent pas la concurrence du Maxi Coop

Pas de concurrence pour les discounts


En dehors du Maxi Coop et de deux autres magasins Coop, le Neuhof dispose d’un Atac, d’un Ed et d’un Norma. Les discounts ne semblent pas touchés avec l’arrivée du Maxi, en raison de leurs prix toujours inférieurs, critère important dans un quartier aux faibles revenus.
Pour ce qui est des produits frais, le Maxi a cependant entraîné quelques changements dans le paysage commerçant du quartier. Un des Coop et l’Atac ont fermé leurs rayons boucherie et ne vendent plus que du sous-vide. En revanche, pour la boucherie Tazi, située dans le sud du Neuhof, l'ouverture de la grande surface n'a rien changé, explique Hassan Zinah, un des propriétaires du magasin. “On est trois frères qui tiennent le magasin et on travaille chacun 80 heures par semaine. Nos prix sont imbattables, et en plus on vend de la viande halal. D’ailleurs, le Maxi nous a refusé à deux reprises un local dans leur zone commerciale.” Il souligne aussi que “leurs prix sont trop élevés. On n’est pas des millionnaires.”

"La concurrence de l’Auchan d’Illkirch reste toujours importante."

Une progression au ralenti

Selon lui, des 40 employés du début, il n'en reste plus qu’une quinzaine. Parmi eux, la caissière Patricia, 50 ans, et habitante du quartier. “Au début, il y avait beaucoup de gens du Neuhof qui travaillaient ici. Après les premiers six mois, beaucoup de CDD n’ont pas été renouvelés. Et parmi les gens qui restent, moins de la moitié vient du quartier.” L’adjointe du magasin, Mme Bussinger admet que le Maxi est encore en train de se faire sa clientèle. “La concurrence de l’Auchan d’Illkirch reste toujours importante. Mais l'importance du magasin progresse.”
Désormais, habitants et commerçants s'interrogent sur l’avenir du petit Coop de la rue du Marschallhof. “Pour l’instant il n’est plus question de fermeture”, confirme Mme Bussinger, contrairement aux rumeurs qui courent dans le quartier.

La boulangère Sandra Magnus dans son nouveau magasin, près de l'arrêt de tram Kibitzenau

Un départ forcé pour la boulangère Sandra Magnus


Mais celle qui a sans doute subi les plus grandes conséquences de l’arrivée du nouveau supermarché, c’est Sandra Magnus. La boulangerie de son père se trouvait juste derrière le nouveau magasin. Or c'est la boulangerie Kloster qui s’est installée dans la zone commerciale du Maxi - dont le patron tient également deux autres boulangeries au Neuhof. Ce traitement de faveur, incompréhensible aux yeux de Sandra Magnus, a contraint sa famille à déménager le commerce. Leur nouveau magasin se trouve désormais deux stations de tram plus loin, dans le nord du Neuhof. “Ca va, pour l’instant on s’en sort assez bien. Mais ça faisait quand même 28 ans que mes parents tenaient leur ancienne boulangerie. Sans le Maxi, nous ne serions pas partis.”

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